My dear — Mon cher
My dear,
When I think of you, I imagine you, turning around, as if looking for something or someone to talk to.
Then I feel like trying to get to know you, even better. What are you made of? Resin, wood, emptiness? Maybe you are a mixture of all of that. Or on the contrary, a mixture of none of that or something else. What does it matter, you might ask? Aren't the important things our memories, these shared moments?
That's true. I remember the day you surprised me. At the back of a dark role-playing game and painting figurine store, you were locked in a transparent plastic bag, which was in a cardboard box that looked like a vague advertising display and placed on a table with a worn covering. Nothing that could show you off. You were alone. You had probably had friends, but they had all left. You were the last one. This moment was the moment of our meeting. There was only one meeting, but reunions, much more.
Remember that November evening when we didn't know what to do, when the cold froze us. It was the first time you introduced me. How I love this ability to make people want to. This desire to share with others, this desire to bring people together. I keep in mind the memory of a simple but happy moment when 3 arrived, followed by 15 who greeted me and when 7 spoke, there were already eight of us having fun.
Know that you decide part of my life. And when you speak, I integrate a part of you into me. When a doubt crosses my mind, I imagine that the first of your faces is a "yes", the twentieth a "no" and that between these two faces eighteen other variations of answers unfold. And I let you spin and express yourself. I trust. As if this trust resided in the chance that animates you and gives you your existence, your reason for being. We may be mistaken or naive in letting ourselves be guided by a simple number; but perhaps it is because these moments that bring us together make us serene.
You seem to doubt the world around us and sometimes perplexed by the questions that arise for you. But you never tremble when the answer calls you. It varies from one time to the next and you keep very secret what made you decide to give it to us.
Your story, I can't help but have it in mind when I am against you, I like to think that you have always existed and then one day, you revealed yourself to the world in your solid form with all the singularity and solidity that we know you for today.
I love so much this convex and regular mystery of the family of polyhedra of which you are a part. You enclose within you a series of rules and calculations that define you and make you one of these perfect and universal forms that Antiquity has offered us.
If your twenty faces are what I first noticed, I was immediately charmed by your lines, so pure and perfect; and your skin, so smooth and without defects. This absence of roughness that makes you someone upright and just. The perfection of your features is apparently one of your secrets to guide me to get carried away in your most intense chance.
My dear, at the risk of repeating myself, you alone are this sense of play, this science and this chance. One of these small objects that do not seem useful but which one could not do without once encountered. And one of these exceptional beings that one rarely comes across and that one is not allowed to forget.
I am sending you my best impulse to let you give me, once again, an answer that I cannot do without.
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Mon cher,
Quand je pense à vous, je vous imagine, tournant sur vous-même, comme à la recherche de quelque chose ou de quelqu’un à qui vous adresser.
L’envie me vient alors d’essayer de vous connaître, mieux encore. De quoi êtes-vous fait ? De résine, de bois, de vide ? Peut-être êtes-vous un mélange de tout cela. Ou au contraire, un mélange de rien de cela ou d’autre chose encore. Quelle importance me direz-vous ? L’important n’est-il pas nos souvenirs, ces instants partagés ?
C’est vrai. Je me souviens d’ailleurs de ce jour où vous m’avez surprise. Au fond d’un sombre magasin de jeux de rôles et figurines à peindre, vous étiez enfermé dans un pochon de plastique transparent, lequel était dans une boite en carton ressemblant à un vague présentoir publicitaire et posé sur une table au revêtement usé. Rien qui ne pouvait vous mettre en valeur. Vous étiez seul. Des amis, vous en aviez sûrement eu, mais tous étaient partis. Vous étiez le dernier. Cet instant fut celui de notre rencontre. De rencontre, il n’y en eu qu’une, mais des retrouvailles, bien d’avantage.
Souvenez-vous de cette soirée de novembre où nous ne savions que faire, où le froid nous glaçait. C’était la première fois où vous m’avez présentée. Que j’aime cette capacité de donner envie. Cette envie de partage avec d’autres, cette envie de rassembler. Je garde à l’esprit le souvenir d’un moment simple mais heureux où 3 es arrivé , suivi de 15 qui m’a saluée et quand 7 s’est exprimé, nous étions déjà huit à nous amuser.
Sachez bien que vous décidez d’une partie de ma vie. Et quand vous parlez, j’intègre alors une part de vous en moi. Lorsqu’un doute me traverse, j’imagine que la première de vos faces est un « oui », la vingtième un « non » et qu’entre ces deux faces se déploient dix-huit autres variations de réponses. Et je vous laisse alors tournoyer et vous exprimer. J’ai confiance. Comme si cette confiance résidait dans le hasard qui vous anime et vous confère votre existence, votre raison d’être. Nous faisons peut-être erreur ou preuve de naïveté en nous laissant guider par un simple chiffre ; mais peut-être est-ce parce que ces moments qui nous rassemblent nous rendent sereins.
Vous semblez douter du monde qui nous entoure et perplexe parfois face aux questions qui se posent à vous. Mais vous ne tremblez jamais lorsque la réponse vous appelle. Elle varie d’une fois sur l’autre et vous gardez bien secret ce qui vous a décidé à nous la donner.
Votre histoire, je ne peux m’empêcher de l’avoir à l’esprit quand je suis contre vous, j’aime à penser que vous avez toujours existé puis qu’un jour, vous vous êtes révélé au monde sous votre forme solide avec toute la singularité et la solidité qu’on vous connaît aujourd’hui.
J’aime tant ce mystère convexe et régulier de la famille des polyèdres dont vous faites partie. Vous enfermez en vous une suite de règles et de calculs qui vous définissent et font de vous une de ces formes parfaites et universelles que l’Antiquité nous a offert.
Si vos vingts faces sont ce que j’ai d’abord remarqué, j’ai sans tarder été charmée par vos lignes, si pures et parfaites ; et votre peau, si lisse et sans défauts. Cette absence d’aspérités qui fait de vous quelqu’un de droit et de juste. La perfection de vos traits sont semble t’il l’un de vos secrets pour me guider à m’emporter dans votre hasard le plus intense.
Mon cher, au risque de me répéter, vous êtes à vous seul ce sens du jeu, cette science et ce hasard. De ces petits objets qui ne semblent pas utiles mais dont on ne pourrait se passer une fois rencontrés. Et un de ces êtres d’exception que l’on croise peu fréquemment et qu’il n’est permis d’oublier.
Je vous envoie ma plus belle impulsion pour vous laisser me donner, une fois encore, une réponse dont je ne saurai me passer.